No particular place to go

4 mai 2018

Retours sur Fioul

Classé sous Non classé — stephanegrangier @ 9 h 32 min

WIN_20180425_19_26_32_Pro (1)Un livre, ça vous renvoie toujours quelque chose, parfois même (et surtout) des portes dans le beignet.
Ca vous apprendra. A prétendre, à avoir tenté de tendre vers. Et puis c’est perçu de moult façons, un livre. Aimé, haï, plus communément ignoré du fait de plusieurs facteurs qui n’ont parfois rien à voir avec le livre lui-même.
J’aime celui-là, comme j’ai aimé (écrire) les autres. Différemment, peut-être, du fait de la façon dont il fut élaboré, fignolé, fabriqué.

Quelques retours de lecteurs sur le site Babelio :
https://www.babelio.com/livres/Grangier-Fioul/1029723#critiques

Un article plutôt enchanteur sur le webzine l’Imprimerie nocturne,
http://imprimerienocturne.com/2018/04/24/fioul-stephane-grangier/

Et enfin,tout récemment, un coup de coeur (photo ci-contre) par les libraires de la librairie de Port-Maria (Quiberon / 56), puis de la librairie l’ancre de Miséricorde (Carnac / 56).

Le livre, désormais, va faire son chemin.

Pour le présenter et en parler, encore, je serai le vendredi 11 mai et le samedi 12 mai au festival Pôle Art (Polar) de Plaine-haute dans les Côtes d’Armor (22), puis au festival Etonnants Voyageur (fin Mai /A préciser le ou les jours).

D’autres news, dans bientôt.

En attendant, pour se faire une idée, sur le site de l’éditeur :
http://www.editions-goater.org/livre/fioul/

Evidemment, toutes ces joyeuses nouvelles, sans l’once d’un attaché de presse, d’un groupe, d’une multinationale, d’un business-plan facilitant l’introduction vaselinée du placement dans le produit (où inversement).

La vie, on vous dit.

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31 mars 2018

FIOUL

Classé sous Non classé — stephanegrangier @ 10 h 52 min

Fioul, mon dernier gros bébé, est désormais de sortie.

Quelques dates à venir :

Je serai présent au Festival Des-Lire(s) à l’Ouest de Brest le Samedi 14 avril (place Guérin), au salon du livre de Quiberon (Samedi 28 et 29 Avril), au Festival Pôle Art de Plaine-Haute (Côte d’Armor) du 10 au 13 Mai, et, dans un temps proche, à étonnants voyageurs (St-Malo /19-20-21 Mai).

Sinon, vous pouvez le commander où le trouver (cet imposant roman noir de 512 pages et ce pour un prix hypra raisonnable de 20 euros) directement sur le site des éditions Goater où dans toutes les bonnes librairies qui tiennent la route et le revendiquent (en Bretagne par Coop Breizh, en France et partout dans le world par le Réseau Makassar).

Par exemple à Rennes : Voyez Maxime de la librairie Le pécari Amphibi (centre, place ste Anne), demandez à Solveig Touré de la Librairie la nuit des temps (sur les quais), allez voir la bondissante et toujours aussi curieuse Anne-sophie de la Librairie Le Failler (rue sous le parlement) (sinon vous demandez Bénédicte, hein), Virginie, responsable romans et spécialiste es-Polar de la librairie Le Forum du livre (entre place hoche et ste Anne/étage), Bruno de la librairie L’encre de Bretagne (Place hoche), les chouettes patrons de la librairie Des gourmandises sur l’étagère (Cesson-Sévigné) et les milliards d’autres librairies autour du globe terrestre (oui parce que bon).

Au prochain post, de nouvelles infos sur les salons et  signatures à venir.

La biz, à Tchao. (et bonne lecture).

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9 février 2018

Fioul, roman noir, Rue des livres 2018 #Rennes

Classé sous Non classé — stephanegrangier @ 13 h 43 min

Fioul, dernier roman noir, en présentation au festival Rue des Livres à Rennes le 24 et le 25 Mars 2018.
En librairie en avril.
(avec mon 512 pages sous le bras…) ♥

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10 décembre 2017

La revue Delta t n°5 dans l’Humanité

Classé sous Non classé — stephanegrangier @ 10 h 38 min

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Bel article dans le journal L’Humanité, à propos du dernier numéro (5) de la revue musicale trimestrielle Delta T (Editions Anamosa).

Où là >
fichier pdf Article l’Humanite Delta T
(Clique droit /ouvrir l’image dans un nouvel onglet)

FireShot Capture 1 - Delta T, un nouvel alpha pour la musiq_ - https___www.humanite.fr_delta-t-un-

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23 novembre 2017

Delta T, le mardi 28 novembre à la librairie le Failler

Classé sous Non classé — stephanegrangier @ 16 h 27 min

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26 octobre 2017

Sandinista : The Clash versus Polar

Classé sous Non classé — stephanegrangier @ 9 h 48 min

61G+UNz5AHL._SS500J’aurais évidemment pu personnaliser. Mais vous me connaissez (ou non), fainéant il a été, fainéant, il sera. Pourtant il ne fallut pas l’être, fainéant, pour mettre en acte cette idée : transformer un album mythique en recueil de nouvelles. Jean-Noël Levavasseur était déjà coutumier du fait, et ce, chez différents éditeurs, comme Buchet-Chastel où Camion Blanc.
Une rencontre avec l’éditeur Jean-Marie Goater, passionné de noir, scella le destin de cette nouvelle histoire.

Sandinista, est le quatrième album du groupe The Clash, l’un des plus importants de l’histoire du rock. 36 auteurs et autrices de polar,  se sont inspirés de ces chansons engagées alternant les rythmes punk, reggae, gospel, et même hip-hop. À l’image de leurs écritures et histoires : sociales, politiques, brutes. Trois livres réunis en coffret à la manière de l’édition vinyle originale. Le tout est illustré par Jean-Christophe Chauzy, un dessinateur passionné par le rock et le polar, et préfacé par Caryl Ferey. Ce projet est dirigé par Jean-Noël Levavasseur.
Le triple recueil fut présenté en exclusivité au Festival Noir sur la Ville de Lamballe (22) en présence d’une dizaine d’auteurs et d’autrices.

Coffret

Des nouvelles et des tomes :

Volume 1 :

 

Tome 1

The magnificent seven – Serguei Dounovetz

Hitsville UK – Stéphane Grangier (moi-même donc)

Junco partner – Michel Embareck

Ivan meets GI Joe – Jean-Hugues Oppel

The leader – Caroline Sers

Something about England – Karine Medrano

Rebel waltz – Anne Bourrel

Look here – Alain Feydri

The crooked beat – Thierry Crifo

Somebody got murdered – Jean-Luc Manet

One more time – Sylvain Bertrand

One more dub – Jean-Noël Levavasseur


Volume 2 :

 

Tome2

Lightning strikes (not once but twice) – Thierry Gatinet

Up in heaven (not only here) – Nathalie Burel

Corner soul – Mark Kerjean

Lets go crazy – Frédéric Prilleux

If music could talk – Sylvie Rouch

The sound of the sinners – Thomas Fleitour

Police on my back – Max Obione

Midnight log – Stéphane Le Carre

The equaliser – Patrick Amand

The call up – Marion Chemin

Washington bullets – Matthieu Rock

Broadway – Marc Villard

 

Volume 3 :

 

Tome 3

Lose this skin – Hugues Fléchard

Charlie don’t surf – Mouloud Akkouche

Mensforth hill – Léonard Taokao

Junkie slip – Olivier Mau

Kingston advice – Jean-Bernard Pouy

The street parade – Denis Flageul

Version city – José-Louis Bocquet

Living in fame – Olivier Martinelli

Silicone on sapphire – Mathias Moreau

Version pardner – Pierre Domengès

Career opportunities – Frédéric Paulin

Sheperds delight – Giuglietta

L’illustrateur : Jean-Christophe Chauzy dessine depuis une vingtaine d’année. Il a publié des albums chez Casterman, Fluide Glacial, Dargaud, Glénat, Futuropolis. Très influencé par le polar, il a collaboré avec Thierry Jonquet et Marc Villard.

L’anthologiste : Jean-Noël Levavasseur est journaliste, écrivain et passionné de rock. Il a dirigé plusieurs anthologies similaires chez Buchet Chatel (London Calling des Clash – 4000 exemplaires vendus – ou Les Ramones), à Krakatoen (The Dogs) et au Camion Blanc (Lemmy). Il est aussi un chroniqueur sur des sites et dans des fanzines. Il a publié plusieurs polars dont Herman dans les dunes aux Éditions Goater en 2015.

la souscription est désormais terminée, mais des renseignements plus précis là >
https://www.kisskissbankbank.com/sandinista-un-hommage-a-the-clash
Sur le site de l’éditeur >
http://www.editions-goater.org/sandinista-polar-vs-the-clash/

N’hésitez pas à colporter la nouvelle !
Merci de l’intérêt.

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1 juillet 2017

Le bilan de mon projet (ou inversement)

Classé sous Non classé — stephanegrangier @ 11 h 08 min

     Disons le tout net, on n’est pas né de la dernière pluie, et l’on irait même jusqu’à privilégier le rayon de soleil, ou de projo, sur ses petits projets.
Bref, il était temps de faire le point.

P1110876Après nombre de nouvelles, un recueil noir chez La Rue Nantaise (Droit vers le soleil), les participations Calibre 35 (Rennes ici Rennes, Maillot Noir), mon first Polar chez Goater (Hollywood-Plomodiern), des infidélités/échappées par la côte d’Yffiniac (géographiquement vérifiable si si) chez les éditions La Gidouille (Rachel, ci-contre), puis une nouvelle consacrée à Lemmy et Motörhead chez Camion Blanc (ci-dessous), et alors que j’empilais avec plus ou moins de réussite des pierres sur un mur qui ne m’avait rien demandé, maints projets d’écritures (romans, nouvelles, textes) se bousculèrent.

Si début 2018 verra la naissance d’un (gros) roman noir chez un éditeur, la rentrée immédiate, Octobre, Novembre, me fera le cadeau d’une nouvelle dans ce qui s’annonce comme le dantesque (gigantesque ?) recueil de nouvelles « Sandinista » (d’après le groupe The Clash), tout ça piloté et drivé par un maître du genre, Jean-Noël Levavasseur, chez Goater Noir.

Dans celui-ci, nous serons autant d’auteurs que le méga-album comportât de morceaux à sa sortie (c’est à dire 36). Album mythique d’un groupe Anglais fondamental (pour ne pas dire emblématique, fait chier emblématique, si j’entends emblématique, je pète des dents), auquel j’ai eu la joie d’apposer ma petite main sur son second titre, Hitsville UK, Gospel-Soul conjointement écrit à l’époque par Mick Jones et sa compagne, Ellen Foley.
Vous en jugerez par vous-même.

tumblr_inline_nwyg6hf11w1tbyjpf_500     Dans la même période, un projet de texte pour une très jolie revue semble se confirmer même si je ne peux en dire grand-chose en l’état actuel de ces mêmes choses.
Quelques mots-clés, toutefois : Revue musique/littérature, éditeur, article sur Rennes, les Trans…
Foin de racontards, on n’en est pas encore là. Je retrouve cependant avec une certaine étrangeté mâtinée d’appréhension (pas rien, cette…chose) les traits d’une ville qui m’est si proche et pourtant, en même temps, si bizarrement lointaine (alors que j’ y traine depuis un bout).
Un projet ô combien particulier à qui connait ou s’imagine la ville de Rennes avec ce qu’elle trimballe et du monde chaotique d’où elle a pu surgir un jour.
Avant de sembler y replonger d’une certaine façon.

Bref, je bosse dur (si si).

En attendant, bon été, allez gazouiller à Binic (Festival Rock), parcourez nos playas ensoleillées, faites un tour à Douarn (Douarnenez, Finistère) et merci pour l’intérêt que vous pourrez porter à ma petite pomme (Fraise ? Poire ? Abricot ?).

Je finis mes cailloux et vous rejoins sur les milliers de petites jaunes puis, évidemment, je le veux, dans la grande bleue.

HITSVILLE UK /THE CLASH

Image de prévisualisation YouTube
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2 février 2017

A Present

Classé sous Non classé — stephanegrangier @ 2 h 33 min

Leeds, 1985, séparation d’un groupe : The lost Pandas (tu parles d’un nom).
A David Gedge, chanteur guitariste, et au bassiste Keith Gregory, errant dans les brumes de ce coin aussi perdu que désespérant du monde, viendront bientôt s’ajouter Peter Solowka (guitare) et Shaun Charman (batterie).
The Wedding Present est né. La bande passera d’auto-productions aux studio de la BBC, lors de sessions propres au fameux John Peel, qui les feront un peu plus connaitre. Puis, route, concerts, labels, séparations, déchirements, re-séparations, changements de nom (de groupe), séparations, sans même parler des inévitables ravages du temps qui bonifie, patine, tue, déchire, détruit, recréé, parfois même renouvelle où éteint définitivement.
(Pour des détails évidemment bien plus précis, c’est ICI, merci)

2005, David Gedge récupère son Wedding Present (le nom de groupe) et n’arrêtera plus.

2012.
De membre originel, il ne reste justement plus que lui, le leader, entouré d’une sympathique palette de jeunesse.

The Wedding Present wall 72 pic

A goûter en faisant son ménage, la vaisselle, en regardant la pluie tomber, en zieutant le voisin dans son jardin, en attendant la nuit où en songeant avec mélancolie à ces bombes qui vont inévitablement nous tomber dessus un de ces jours (parti comme c’est).
Bref, à gober tout cru et sans modération.

The Wedding Present retrouvé, avec ce petit bijou d’album Valentina (datant justement de 2012), sur le Label Australien Lost And Lonesome Recording Co (d’où se trouve le popeux gentillet récemment découvert Anthony Atkinson & the Running Mates ).

Extrait

(Un album à venir)

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26 janvier 2017

Extraits Polar en cours

Classé sous Non classé — stephanegrangier @ 17 h 46 min

 

Extrait 1 : Vers Aurillac.

 

« J’observai Séverine avec tendresse, à mesure qu’elle s’empiffrait, créant l’exploit, en même temps, de parler sans discontinuer. Un instant, j’ai cru pouvoir placer le récit de mes embrouilles, sauf qu’une fine observation de la demoiselle et de son insouciance, probablement liée au fait qu’elle était en vacances, me firent comprendre que ça ne serait ni opportun et encore moins le bienvenu. Alors je laissai pisser, continuant à ronger mon os. Rassasiée, elle a fini par s’affaisser, un air béat sur le visage, avant de s’allumer une cigarette sifflant les ¾ du Bourgogne tandis que je peinais sur trois boulettes de viande noyées dans une sauce-flotte rehaussée de grains de poivre.
En vérité, j’adorais son nez mutin et son appétit forcené. Les deux mélangés ensemble et mis bout à bout. Puis son souffle, ses mastications et le fait qu’elle semblait se foutre de tout. J’étais entrain de tomber amoureux d’elle, de cette petite fossette au coin des lèvres où se nichait sa curieuse ironie, son amusement particulier, cette drôle de torsion de l’âme qui, par moment, semblait vouloir s’accorder à la mienne avec une très belle délicatesse. En sortant du restaurant, j’étais tourneboulé et défait. Mais quelque chose en elle ne souhaitait voir que les beaux jours sans nuages, sans la moindre complication, quitte à regarder ailleurs. Alors je me suis tu et le malaise s’est amplifié.
Pénétrant dans la voiture, elle m’a demandé :

– Ca va pas ?
– Si si, j’avais répondu.
– T’as pas dit un mot, t’as rien bouffé, t’es tout pâle, t’as passé ton temps à faire la gueule.
- Et ?

– Ben je sais pas moi, ça pourrait être vexant, à force.
– C’est pas contre toi.
– Ah oui ? C’est contre qui alors ?
– Contre personne. Où plutôt contre moi.

Dans la voiture, elle n’a rien dit, mais mes dernières paroles s’infusèrent tellement en elle, qu’on aurait dit qu’elle fomentait une cautérisation de ma pomme par un projet d’apposition des mains éventuellement doublé d’un travail psychologique. Avec ma saillie curieuse, j’avais réveillé son intérêt jusqu’à déclencher une certaine fascination. Pour une bonne expertise, fallait toujours privilégier le contexte, avait-on dû lui seriner à la Fac. En gros, ça voulait dire que je n’échapperais pas longtemps au sabre tranchant de son analyse dès lors qu’elle cumulerait trois paramètres sur moi. Et donc, qu’à moins de lui raconter un bobard gros comme le cul de sa mère, j’allais subir la route comme jamais. En fait, ce fut le contraire. Toute en retenue et se limitant à deux petites phrases :
– Toujours ces trucs lourds à porter ? Tu peux m’en parler, tu sais….

Ses cheveux se mélangeaient, ce petit air doux, simple, sain et à l’écoute me touchait, me grisait, m’emportait, me réchauffait l’âme toute entière, avec son parfum discret qui me donnait envie de me réfugier contre elle, de me fondre en elle. Et puis ses petites joues, et ses yeux noirs profonds et brillants. J’ai répondu ce que j’ai imaginé qu’elle préfèrerait entendre, évitant l’abracadabrantesque apothéose de ma vie de merde sur un tarmac d’aéroport :
- Je suis crevé, ces derniers jours j’ai pas mal donné et faudrait que je calme la picole.

Petit sourire narquois, mais amusé.
– Tu sais, les free-party, c’est pas non plus un truc à boire de l’eau, hein.
– J’imagine… possible que j’y aille pas, de toute façon.
Elle a paru déçue, puis sembla accuser le coup, mais elle ne dit rien d’autre et continua à regarder droit devant elle, alors je n’ai rien dit non plus, jusqu’à ce qu’elle semble retrouver le fil de ses pensées.
– Ecoute…j’ai l’impression qu’il y a quelque chose que tu ne me dis pas, ou que tu ne voudrais pas me dire. Je ressens comme…un verrou, en toi.  Evidemment on se connait pas super bien, et chuis pas du genre à vouloir tout savoir sur les gens non plus, mais si quelque chose te pèse, ca te soulagerait p’têt d’en parler, non ? Je suis sans doute une gamine mais je suis pas idiote non plus, hein…
– T’es ni idiote ni une gamine. Mais franchement, j’ai rien de particulier à dire tu sais, à part ce que tu peux très bien imaginer de ces bouts d’existence de merde que j’ai pas envie de te faire subir.
– Justement, ça serait peut-être le moment d’en parler.
– Laisse tomber.
– OK. Dans ce cas-là, t’arrête de faire la gueule, alors.

IMG_8474Elle avait raison, alors j’ai fait tout mon possible pour me rendre agréable voire amusant sur ces deux heures de route qui nous menèrent jusqu’à Aurillac, là où tout s’effilocha petit à petit. Aurillac. Ton entrée de ville à l’esthétique mortifère, ton désastre commercial salopant la doucereuse harmonie. Aurillac, berceau cradingue au cœur d’un magnifique écosystème fait de vallons, montagnes, forêts, rivières, ruisseaux. Là où je m’étais imaginé un cadre champêtre créatif et revigorant, je me bouffais de la zone commerciale défigurée à perte de vue. De plus, résultat de la fatigue, du fait que me méfiant de moi-même je me refermais, rajouté au bitume déroulant son gras suintant sous une chaleur lourde au milieu d’une grisaille entrecoupée d’averses, l’ambiance, entre nous, s’était tellement dégradée qu’elle aurait pu s’apparenter, chimiquement parlant, à du plomb fondu. Séverine fumait deux clopes à la minute, nous n’avions plus échangé un mot depuis des lustres, la R5 faisait un bruit d’avion et madame avait voulu me donner des leçons de mécanique, moment à partir duquel je l’avais envoyée chier. De plus, nous n’avions plus de bières, puisque j’avais décidé de ne pas en reprendre, l’addition route qui serpente/fatigue/picole risquant de m’être, donc de nous être, préjudiciable.
Mais on y était. Et la dépression passagère partagée suite à la vision d’Hiroshima, paradoxalement, nous avait requinqués. On s’en sortait finalement pas si mal, tous les deux. J’ai alors essayé de voir les choses du bon côté, déjà pour ne plus lui gâcher la fête, à elle.

 

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Extrait 2 : Morgue

 

L’inspecteur Rouvière pénétra d’un pas martial dans l’institut médico-légal, écartant les ombres, les silences et les retenues, en particulier parce que s’y trouvait la morgue, que cette dernière résonnait comme le bloc B à Auschwitz, et qu’une crainte instinctive de la mort poussait généralement à y faire profil bas. Si sa précédente visite n’avait donné que les banalités usuelles confirmant un état d’accoutumance et le fait que la demoiselle s’était mangée une balle, Orlowsky avait laissé entendre que son cas, désormais, délivrait un diagnostique plus élaboré.
Le tour des boutiques n’avait rien donné.
«L’analyse des données et le pourquoi de vos interrogations au sujet du dysfonctionnement sont en cours de traitement » avait laconiquement répondu la poule de l’aéroport à Rouvière, qui s’était avancé pour lui en coller une, qu’intercepta in extrémis le stagiaire. Réfugiés au restaurant où l’inspecteur se mit alors à picoler, faisant son Maigret à deux balles auprès de serveuses aussi accueillantes que le deuxième sous-sol d’une cave de tortionnaire bulgare, il zyeuta caméras, pistes, mobilier, avant de finir sa bière, embarquant soudainement Chambon d’un énigmatique : « Viens gazier, on va prendre notre envol ». Le stagiaire ne s’interrogea pas longtemps. Pas de réponse par l’administratif, Rouvière irait au terrain.
Ils franchirent l’embarquement, sortirent sur le tarmac, refirent le circuit. Piste, fin de piste, zone herbeuse, chemin de maintenance, barbelés contigus, hautes herbes et enfin cette barrière rouillée tout au bout. Et puis la route, ensuite, qui rejoignait l’axe. Les voisins ne savaient rien, ils ne se rappelaient pas, ça avait duré quelques secondes, ils avaient vu ces types courir après un autre et puis c’était tout. La surveillance-vidéo routière n’avait rien donné non plus. Des R5, mais pas celle recherchée, malgré l’immatriculation transmise aux services. La disparition de ce type et de son véhicule formaient une énigme totale. Rouvière se voyait mal établir des barrages sur tout le territoire européen. Sur le type maghrébin, rien non plus. L’identification souffrait d’une pénurie d’embauches, et l’été propice aux vacances n’arrangeait rien. Rouvière tambourina à la préfecture qui répondit qu’elle était surchargée de boulot mais qu’elle donnerait une réponse au plus vite. Elle donna une réponse négative. Rouvière songea « sans-papiers », et se dit que ça n’arrangeait rien, et pour personne. Avant de tintinnabuler au portail d’ambassades qui firent la sourde oreille. Rouvière se conforta à l’idée qu’il avait tout de même avancé et que le type et la fille, en attendant, avaient au moins délivré quelques secrets : Identités, dernière adresse, fonctions, véhicule, came, types grimés au cul. Cependant, depuis quelques jours, ça coinçait.

- GASTON, T’ES OU BORDEL ? Vagit-il, au milieu du couloir.

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Extrait 3 : Polignac

 

Parc_Plaza-Luxembourg-Exterior_view-5-83826         Karl de Polignac, malgré cette vie en platine que bien des êtres auraient pu lui envier, faisait grise mine. Et si de la baie vitrée de son bureau, il voyait des myriades d’oiseaux tournoyer autour des arbres du parc, signe du printemps qui venait, lui, ne ressentait qu’une profonde tristesse. Plus qu’un état saisonnier, de transition, où d’humeur, c’était sur le sens de sa vie-même que sa pensée s’était fixée. Ce vide générant du vide, qui paradoxalement fabriquait un paquet de pognon. La route pour mener à un objectif était aussi importante que l’objectif lui-même, disaient certains. Dans les deux cas de figure, il ne s’y retrouvait pas car la route empruntée pour ne mener à rien du tout, c’est à dire à ce qu’il était devenu, avait été la plus cradingue qui soit.
La révélation lui était venue, lors du dernier w-e en famille. Lorsque du regard, puis de l’esprit, il avait embrassé longuement ses enfants, lui et ses enfants, lui et la distance qu’il avait toujours eu avec ses enfants. L’ainée, Camille, passée de 7 à 18 ans sans qu’il ne s’en soit vraiment rendu compte, Lucas, son cadet de deux ans, dont il confondait le nom avec celui d’un placement et enfin la dernière, Marie-Anne, qui venait d’avoir dix ans. Ce sourire douloureux qui s’adressait à lui au dessus des bougies l’avait remué comme jamais.

La faiblesse de Karl de Polignac, c’était sa cervelle en caramel mou. Ou plutôt, cette propension à entériner les codes d’un nouveau poste, et tel un buvard, de l’incarner bien au delà de ce qu’on lui en demandait. Evidemment, son boulot était parfait, mais à chaque fois, s’enfonçait en lui l’épée mortelle de la soumission à plus fort que lui. Il faisait allégeance, constamment. En lui-même, à tout ce qu’il reconnaissait au-dessus, sachant qu’il devrait bouffer l’autre, pour qu’à son tour, celui-ci lui fit allégeance. C’était d’adaptabilité au système et de rapports de force dont il était question. Et dans ce domaine, il était le champion.
Il avait accepté le Vatican. On ne refusait pas un trône sanctifié. Et une nouvelle fois il avait fait allégeance. A la dernière réunion du conseil d’administration, ils avaient penché pour un gestionnaire sérieux, rigoureux, intransigeant et austère, doublé d’un homme droit et intègre. Lui. Il n’avait même pas eu à s’arc-bouter sur le quai pour sauter dans le train, on venait d’arrêter le wagon grand luxe à ses pieds, lui déroulant un tapis rouge afin qu’il prenne possession de ses quartiers.

Entre enfance et adolescence, il avait appris, non pas les bases de l’existence, mais les bases d’une vie très particulière. Ses parents appartenaient à ce gratin où la solidarité régnait, contrairement à la société civile qui elle, pataugeait dans une guerre sourde et douloureuse découlant d’un individualisme forcené justement édicté par les premiers, mais dans le piège duquel ceux-ci ne tombaient jamais, pas cons, trop occupés à resauter, tuyauter, noyauter, copiner, s’entre-mélanger, fusionner, s’entendre, s’enfiler.
Après une enfance tirée à quatre épingles, sa première expérience dans le monde du travail, fut une saison de cueillette de pommes dans le Lubéron à l’âge de 17 ans. Puis, New-York, deux ans, envoyé par Papa. Un an pour ouvrir les yeux, la deuxième pour les garder uniquement ouvert sur des feuillets sensés lui apprendre le Baba du commerce international. Comme fabriqué pour, il avait suivi le cursus avec la facilité du suppositoire glissant dans un milieu ouvertement progressiste. Karl était quelqu’un d’introverti, sa rébellion de jeunesse en resta à ce jour très étrange de première année où il avait fumé cette herbe qui rend malade. L’expérience de sa vie. A partir de ce jour, il ne leva plus jamais le nez de ses feuillets, songeant que le monde était dangereux, en conséquence de quoi il fallait impérativement éviter d’y trainer. Mieux, il faudrait sans doute même le corriger un jour, le monde. Il travailla, obtint son diplôme, revint à Paris et rejoignit la Néoma Business School. Deux ans brillants avec les meilleurs profs, élève effacé, assidu ET bosseur. Une perle, un enchantement, déjà les symptômes d’un petit con hargneux et mordant qui apprenait vite et bien. Puis Londres et la Middlesex university business à 25 ans. Travaillant d’arrache-pied, il fut maintes fois récompensé, puis, se sachant des lacunes en sport, il redoubla de travail, pour la niaque, la force, la puissance, l’énergie, la confiance en soi. Il lui fallait se durcir et s’étoffer, s’épaissir et se raffermir.
Suivant l’exemple de quelques camarades, il s’exerçait à la boxe des heures entières. Parfois, ils organisaient des concours entre eux ou le but était de se faire mal, de se confronter, de s’endurcir et de se rendre plus méchant et agressif que jamais. Ils adoraient se faire mal, c’était partie intégrante de leur formation, lustrant et patinant au maximum cet état psychologique, physique, intellectuel, comme une douche glacée sous laquelle ils devaient tous stagner de longues minutes sans dire un mot, sans que le visage n’affiche la moindre grimace. Ils s’enfonçaient dans des sépultures et s’obligeaient à lécher longuement les os des cadavres. Ils se laissaient recouvrir d’urine et d’excréments restant des heures ainsi, avec le sourire et sans broncher. Pour grandir. Pour forcir. Pour devenir impénétrable et méchant. Pour devenir intraitable, pour ne s’en laisser compter par personne.
Ils se fouettaient, se violentaient, se crachaient dessus, ils se mettaient à quatre pour cogner l’un d’entre eux, à tour de rôle. Des sceaux glacés en plein hiver, des coups de pieds dans le ventre, des mains maintenues à proximité des flammes tout en lisant posément des poèmes de Goethe, avec lesquels ils se torchaient ensuite en rigolant.
Parfois, à quelques-uns, ils organisaient des opérations castagne avec des supporters de foot, puis des bandes de types comme eux, où alors, nectar des nectars, ces connards défavorisés des quartiers pourris. Lui n’en était pas spécialement fier, mais il ne le regrettait pas car il savait que ça l’aidait, que ça le faisait grandir. Car eux se battaient vraiment. A la vie à la mort. Et en tant que tel ils représentaient un curseur de qualité, auquel il était bon de se mesurer. Pour leur quotidien merdique, une réponse standard : »Ces enculés n’ont qu’à bosser, on fait comment nous ? » disaient ces fils à papa dont la bouche béait. »

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16 janvier 2017

Extrait roman noir en cours (n°3)

Classé sous Non classé — stephanegrangier @ 19 h 43 min

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     « Le dernier boulot avait été exécuté à la perfection. Pas de témoins, pas de vague, et un coupable tout désigné. Il fallait dire que Guignol avait tout pour. Des anciennes condamnations et un pedigree d’ex-petite frappe apparemment rangé des voitures.
De plus, quelques années auparavant, il avait participé à des regroupements communautaires genre Ramadan. Ce type avait donc la gueule de l’évidence-même. Un peu ça, d’ailleurs, qui chagrinait Gobard, en plus de ces rumeurs qui se répandaient comme des mauvaises odeurs. En bon professionnel, Mik avait fait ce qu’il fallait pour que tout disparaisse. Car effectivement, l’élu s’apprêtait à quitter le parti en mouillant Gobard bien au-delà des grelots.
Mik semblait nerveux, à pivoter sur sa chaise, à s’adosser au mur, à regarder l’arrière-salle sans vraiment la regarder, une mauvaise nuit, des soucis où alors cette histoire, songea Gobard. Ca se confirma.
– C’était vraiment nécessaire de buter ce type ?
– On n’avait pas le choix, Mickaël. Tu le sais mieux que moi. Il allait tout balancer et dans la foulée il se barrait. Un truc d’ambition ou de pureté, à tous les coups, ou la vengeance d’un médiocre. Ravi qu’on en soit débarrassé.
– Y avait peut-être moyen de causer, de temporiser, lui aussi trimballait des casseroles, on aurait peut-être pu s’entendre où au moins lui parler plus distinctement ?
– J’avais déjà essayé. J’avais déjà tout essayé. D’être cool, et aussi de le secouer, où de lui faire comprendre, si tu veux. Je lui ai même bourré la gueule un soir, genre copains comme cochons. Mais c’était pas son genre. Il a geint sur sa vie comme une vieille poule puis a fait son lèche-cul. Devant toi, il était toujours très onctueux, mais par derrière, il te baisait dès qu’il en avait l’occasion. Peut-être qu’on aurait rien perdu à ce qu’il se casse, finalement, le problème c’est ce qu’il s’apprêtait à embarquer avec lui. On ne pouvait pas laisser faire ça, tu le sais bien. Ca fait des années que je le connais. Je ne sais pas si c’est la politique qui lui montait au bourrichon, ou la grande idée de lui-même mais ça sentait le roussi et de toute façon il copinait d’un peu trop près avec les connards de l’UMP. Nos convictions ne lui servaient qu’à alimenter sa propre soupe. Il n’en avait rien à foutre. Il nous aurait détruits, rien que pour gagner en influence. Les homos, c’est comme ça, mec. Des mecs mal finis parce que mal commencés. Tu leur refiles un bout de queue, ils te bouffent les couilles. On pourrait appeler ça de la voracité mais moi j’appelle ça une ambition malsaine et démesurée. Tout ce que t’as retrouvé chez lui comme saloperies sur tout le monde et moi en particulier le prouve, alors qu’au même moment ce fils de pute nous jouait la sérénade du grand amour.
– Ouais. T’as raison.
– Evidemment que j’ai raison.
Le patron ramena les cafés, leur serra la main puis retourna derrière son comptoir.
Silence, à touiller son café.
Gobard :
– Pour l’affaire, le rebeu est parfait. Ces types, de par leurs origines et leur religion de merde, peuvent pas sacquer les Français. Le pseudo-braquage sert de légitimation et le flingue l’accuse du meurtre. En plus, il y a quelques années, Gérald passait son temps à collecter des dossiers sur l’insécurité immigrée. Notre lampiste, il l’avait déjà dénoncé. Tu te rappelles le cirque qu’il avait fait pour qu’on supprime les allocs de sa mère ? Tout le monde s’en souvient, et ça, c‘est bon pour nous. Ca colle aussi avec l’idée que Guignol aurait voulu se venger. Le type parfait, je te dis. »
Il s’arrêta pour boire une larme de café avant de continuer :
– Et puis dis toi une chose, politiquement cette affaire nous sert puisqu’elle nous transforme en victimes. Nous, on agit. Et comme on agit, et ben ça remue le petit milieu de criminalité basanée. Alors que les gauchistes les protègent en leur trouvant tout le temps des excuses. L’équation est simple. Et l’électeur, il le sait, ça. Juste cet enculé de journaliste qui s’imagine des choses mais il a que dalle. Et sans carburant, ces rumeurs s’essouffleront d’elles-mêmes, voir légitimeront un peu plus le fait que tous ces intellos gauchistes ne font que chercher la petite bête là où il n’y a rien. »
Il réfléchit quelques secondes en touillant son expresso.
- N’oublie pas non plus l’homosexualité du bonhomme, qui prouve la modernité du parti et sa façon d’évoluer avec son temps. Rien que là-dessus, on engrange des points. Dernière chose, le fait que les arabes peuvent pas sacquer les homos, ça prouve l’incapacité de cette communauté à partager nos valeurs et donc qu’elle n’a rien à foutre ici. Et ça aussi, c’est bon pour nous.

La bouche de Mik s’étira pour former un sourire :
– C’est nouveau et ça fait drôle, cet amour soudain pour le lobby gay.
– Rien à foutre. C’est de la stratégie et savoir placer ses billes et avancer ses pions. On ne gagne pas avec de l’angélisme, mec. L’important est que la sauce prenne, et elle a pris, relancé par le communiqué du parti déplorant la perte d’un être cher et d’un collaborateur dont on n’a pas seulement éliminé la personne, mais également voulu attenter aux idées, comme à la façon de vivre. Modernes, je te dis. Tu mets ça en parallèle avec les casseurs gauchistes et tu vois la différence. T’inquiète pas que l’électeur, il le sait, ça aussi.
Mik se remit à sourire, bailla, s’étira puis finit par se lever pour se trainer jusqu’aux toilettes, d’où il revint trois minutes plus tard.
Gobard avait changé de sujet. »

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