No particular place to go

1 juillet 2017

Le bilan de mon projet (ou inversement)

Publié par stephanegrangier dans Non classé

     Disons le tout net, on n’est pas né de la dernière pluie, et l’on irait même jusqu’à privilégier le rayon de soleil, ou de projo, sur ses petits projets.
Bref, il était temps de faire le point.

P1110876Après nombre de nouvelles, un recueil noir chez La Rue Nantaise (Droit vers le soleil), les participations Calibre 35 (Rennes ici Rennes, Maillot Noir), mon first Polar chez Goater (Hollywood-Plomodiern), des infidélités/échappées par la côte d’Yffiniac (géographiquement vérifiable si si) chez les éditions La Gidouille (Rachel, ci-contre), puis une nouvelle consacrée à Lemmy et Motörhead chez Camion Blanc (ci-dessous), et alors que j’empilais avec plus ou moins de réussite des pierres sur un mur qui ne m’avait rien demandé, maints projets d’écritures (romans, nouvelles, textes) se bousculèrent.

Si début 2018 verra la naissance d’un (gros) roman noir chez un éditeur, la rentrée immédiate, Octobre, Novembre, me fera le cadeau d’une nouvelle dans ce qui s’annonce comme le dantesque (gigantesque ?) recueil de nouvelles « Sandinista » (d’après le groupe The Clash), tout ça piloté et drivé par un maître du genre, Jean-Noël Levavasseur, chez Goater Noir.

Dans celui-ci, nous serons autant d’auteurs que le méga-album comportât de morceaux à sa sortie (c’est à dire 36). Album mythique d’un groupe Anglais fondamental (pour ne pas dire emblématique, fait chier emblématique, si j’entends emblématique, je pète des dents), auquel j’ai eu la joie d’apposer ma petite main sur son second titre, Hitsville UK, Gospel-Soul conjointement écrit à l’époque par Mick Jones et sa compagne, Ellen Foley.
Vous en jugerez par vous-même.

tumblr_inline_nwyg6hf11w1tbyjpf_500     Dans la même période, un projet de texte pour une très jolie revue semble se confirmer même si je ne peux en dire grand-chose en l’état actuel de ces mêmes choses.
Quelques mots-clés, toutefois : Revue musique/littérature, éditeur, article sur Rennes, les Trans…
Foin de racontards, on n’en est pas encore là. Je retrouve cependant avec une certaine étrangeté mâtinée d’appréhension (pas rien, cette…chose) les traits d’une ville qui m’est si proche et pourtant, en même temps, si bizarrement lointaine (alors que j’ y traine depuis un bout).
Un projet ô combien particulier à qui connait ou s’imagine la ville de Rennes avec ce qu’elle trimballe et du monde chaotique d’où elle a pu surgir un jour.
Avant de sembler y replonger d’une certaine façon.

Bref, je bosse dur (si si).

En attendant, bon été, allez gazouiller à Binic (Festival Rock), parcourez nos playas ensoleillées, faites un tour à Douarn (Douarnenez, Finistère) et merci pour l’intérêt que vous pourrez porter à ma petite pomme (Fraise ? Poire ? Abricot ?).

Je finis mes cailloux et vous rejoins sur les milliers de petites jaunes puis, évidemment, je le veux, dans la grande bleue.

HITSVILLE UK /THE CLASH

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2 février 2017

A Present

Publié par stephanegrangier dans Non classé

Leeds, 1985, séparation d’un groupe : The lost Pandas (tu parles d’un nom).
A David Gedge, chanteur guitariste, et au bassiste Keith Gregory, errant dans les brumes de ce coin aussi perdu que désespérant du monde, viendront bientôt s’ajouter Peter Solowka (guitare) et Shaun Charman (batterie).
The Wedding Present est né. La bande passera d’auto-productions aux studio de la BBC, lors de sessions propres au fameux John Peel, qui les feront un peu plus connaitre. Puis, route, concerts, labels, séparations, déchirements, re-séparations, changements de nom (de groupe), séparations, sans même parler des inévitables ravages du temps qui bonifie, patine, tue, déchire, détruit, recréé, parfois même renouvelle où éteint définitivement.
(Pour des détails évidemment bien plus précis, c’est ICI, merci)

2005, David Gedge récupère son Wedding Present (le nom de groupe) et n’arrêtera plus.

2012.
De membre originel, il ne reste justement plus que lui, le leader, entouré d’une sympathique palette de jeunesse.

The Wedding Present wall 72 pic

A goûter en faisant son ménage, la vaisselle, en regardant la pluie tomber, en zieutant le voisin dans son jardin, en attendant la nuit où en songeant avec mélancolie à ces bombes qui vont inévitablement nous tomber dessus un de ces jours (parti comme c’est).
Bref, à gober tout cru et sans modération.

The Wedding Present retrouvé, avec ce petit bijou d’album Valentina (datant justement de 2012), sur le Label Australien Lost And Lonesome Recording Co (d’où se trouve le popeux gentillet récemment découvert Anthony Atkinson & the Running Mates ).

Extrait

(Un album à venir)

26 janvier 2017

Extraits Polar en cours

Publié par stephanegrangier dans Non classé

 

Extrait 1 : Vers Aurillac.

 

« J’observai Séverine avec tendresse, à mesure qu’elle s’empiffrait, créant l’exploit, en même temps, de parler sans discontinuer. Un instant, j’ai cru pouvoir placer le récit de mes embrouilles, sauf qu’une fine observation de la demoiselle et de son insouciance, probablement liée au fait qu’elle était en vacances, me firent comprendre que ça ne serait ni opportun et encore moins le bienvenu. Alors je laissai pisser, continuant à ronger mon os. Rassasiée, elle a fini par s’affaisser, un air béat sur le visage, avant de s’allumer une cigarette sifflant les ¾ du Bourgogne tandis que je peinais sur trois boulettes de viande noyées dans une sauce-flotte rehaussée de grains de poivre.
En vérité, j’adorais son nez mutin et son appétit forcené. Les deux mélangés ensemble et mis bout à bout. Puis son souffle, ses mastications et le fait qu’elle semblait se foutre de tout. J’étais entrain de tomber amoureux d’elle, de cette petite fossette au coin des lèvres où se nichait sa curieuse ironie, son amusement particulier, cette drôle de torsion de l’âme qui, par moment, semblait vouloir s’accorder à la mienne avec une très belle délicatesse. En sortant du restaurant, j’étais tourneboulé et défait. Mais quelque chose en elle ne souhaitait voir que les beaux jours sans nuages, sans la moindre complication, quitte à regarder ailleurs. Alors je me suis tu et le malaise s’est amplifié.
Pénétrant dans la voiture, elle m’a demandé :

– Ca va pas ?
– Si si, j’avais répondu.
– T’as pas dit un mot, t’as rien bouffé, t’es tout pâle, t’as passé ton temps à faire la gueule.
- Et ?

– Ben je sais pas moi, ça pourrait être vexant, à force.
– C’est pas contre toi.
– Ah oui ? C’est contre qui alors ?
– Contre personne. Où plutôt contre moi.

Dans la voiture, elle n’a rien dit, mais mes dernières paroles s’infusèrent tellement en elle, qu’on aurait dit qu’elle fomentait une cautérisation de ma pomme par un projet d’apposition des mains éventuellement doublé d’un travail psychologique. Avec ma saillie curieuse, j’avais réveillé son intérêt jusqu’à déclencher une certaine fascination. Pour une bonne expertise, fallait toujours privilégier le contexte, avait-on dû lui seriner à la Fac. En gros, ça voulait dire que je n’échapperais pas longtemps au sabre tranchant de son analyse dès lors qu’elle cumulerait trois paramètres sur moi. Et donc, qu’à moins de lui raconter un bobard gros comme le cul de sa mère, j’allais subir la route comme jamais. En fait, ce fut le contraire. Toute en retenue et se limitant à deux petites phrases :
– Toujours ces trucs lourds à porter ? Tu peux m’en parler, tu sais….

Ses cheveux se mélangeaient, ce petit air doux, simple, sain et à l’écoute me touchait, me grisait, m’emportait, me réchauffait l’âme toute entière, avec son parfum discret qui me donnait envie de me réfugier contre elle, de me fondre en elle. Et puis ses petites joues, et ses yeux noirs profonds et brillants. J’ai répondu ce que j’ai imaginé qu’elle préfèrerait entendre, évitant l’abracadabrantesque apothéose de ma vie de merde sur un tarmac d’aéroport :
- Je suis crevé, ces derniers jours j’ai pas mal donné et faudrait que je calme la picole.

Petit sourire narquois, mais amusé.
– Tu sais, les free-party, c’est pas non plus un truc à boire de l’eau, hein.
– J’imagine… possible que j’y aille pas, de toute façon.
Elle a paru déçue, puis sembla accuser le coup, mais elle ne dit rien d’autre et continua à regarder droit devant elle, alors je n’ai rien dit non plus, jusqu’à ce qu’elle semble retrouver le fil de ses pensées.
– Ecoute…j’ai l’impression qu’il y a quelque chose que tu ne me dis pas, ou que tu ne voudrais pas me dire. Je ressens comme…un verrou, en toi.  Evidemment on se connait pas super bien, et chuis pas du genre à vouloir tout savoir sur les gens non plus, mais si quelque chose te pèse, ca te soulagerait p’têt d’en parler, non ? Je suis sans doute une gamine mais je suis pas idiote non plus, hein…
– T’es ni idiote ni une gamine. Mais franchement, j’ai rien de particulier à dire tu sais, à part ce que tu peux très bien imaginer de ces bouts d’existence de merde que j’ai pas envie de te faire subir.
– Justement, ça serait peut-être le moment d’en parler.
– Laisse tomber.
– OK. Dans ce cas-là, t’arrête de faire la gueule, alors.

IMG_8474Elle avait raison, alors j’ai fait tout mon possible pour me rendre agréable voire amusant sur ces deux heures de route qui nous menèrent jusqu’à Aurillac, là où tout s’effilocha petit à petit. Aurillac. Ton entrée de ville à l’esthétique mortifère, ton désastre commercial salopant la doucereuse harmonie. Aurillac, berceau cradingue au cœur d’un magnifique écosystème fait de vallons, montagnes, forêts, rivières, ruisseaux. Là où je m’étais imaginé un cadre champêtre créatif et revigorant, je me bouffais de la zone commerciale défigurée à perte de vue. De plus, résultat de la fatigue, du fait que me méfiant de moi-même je me refermais, rajouté au bitume déroulant son gras suintant sous une chaleur lourde au milieu d’une grisaille entrecoupée d’averses, l’ambiance, entre nous, s’était tellement dégradée qu’elle aurait pu s’apparenter, chimiquement parlant, à du plomb fondu. Séverine fumait deux clopes à la minute, nous n’avions plus échangé un mot depuis des lustres, la R5 faisait un bruit d’avion et madame avait voulu me donner des leçons de mécanique, moment à partir duquel je l’avais envoyée chier. De plus, nous n’avions plus de bières, puisque j’avais décidé de ne pas en reprendre, l’addition route qui serpente/fatigue/picole risquant de m’être, donc de nous être, préjudiciable.
Mais on y était. Et la dépression passagère partagée suite à la vision d’Hiroshima, paradoxalement, nous avait requinqués. On s’en sortait finalement pas si mal, tous les deux. J’ai alors essayé de voir les choses du bon côté, déjà pour ne plus lui gâcher la fête, à elle.

 

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Extrait 2 : Morgue

 

L’inspecteur Rouvière pénétra d’un pas martial dans l’institut médico-légal, écartant les ombres, les silences et les retenues, en particulier parce que s’y trouvait la morgue, que cette dernière résonnait comme le bloc B à Auschwitz, et qu’une crainte instinctive de la mort poussait généralement à y faire profil bas. Si sa précédente visite n’avait donné que les banalités usuelles confirmant un état d’accoutumance et le fait que la demoiselle s’était mangée une balle, Orlowsky avait laissé entendre que son cas, désormais, délivrait un diagnostique plus élaboré.
Le tour des boutiques n’avait rien donné.
«L’analyse des données et le pourquoi de vos interrogations au sujet du dysfonctionnement sont en cours de traitement » avait laconiquement répondu la poule de l’aéroport à Rouvière, qui s’était avancé pour lui en coller une, qu’intercepta in extrémis le stagiaire. Réfugiés au restaurant où l’inspecteur se mit alors à picoler, faisant son Maigret à deux balles auprès de serveuses aussi accueillantes que le deuxième sous-sol d’une cave de tortionnaire bulgare, il zyeuta caméras, pistes, mobilier, avant de finir sa bière, embarquant soudainement Chambon d’un énigmatique : « Viens gazier, on va prendre notre envol ». Le stagiaire ne s’interrogea pas longtemps. Pas de réponse par l’administratif, Rouvière irait au terrain.
Ils franchirent l’embarquement, sortirent sur le tarmac, refirent le circuit. Piste, fin de piste, zone herbeuse, chemin de maintenance, barbelés contigus, hautes herbes et enfin cette barrière rouillée tout au bout. Et puis la route, ensuite, qui rejoignait l’axe. Les voisins ne savaient rien, ils ne se rappelaient pas, ça avait duré quelques secondes, ils avaient vu ces types courir après un autre et puis c’était tout. La surveillance-vidéo routière n’avait rien donné non plus. Des R5, mais pas celle recherchée, malgré l’immatriculation transmise aux services. La disparition de ce type et de son véhicule formaient une énigme totale. Rouvière se voyait mal établir des barrages sur tout le territoire européen. Sur le type maghrébin, rien non plus. L’identification souffrait d’une pénurie d’embauches, et l’été propice aux vacances n’arrangeait rien. Rouvière tambourina à la préfecture qui répondit qu’elle était surchargée de boulot mais qu’elle donnerait une réponse au plus vite. Elle donna une réponse négative. Rouvière songea « sans-papiers », et se dit que ça n’arrangeait rien, et pour personne. Avant de tintinnabuler au portail d’ambassades qui firent la sourde oreille. Rouvière se conforta à l’idée qu’il avait tout de même avancé et que le type et la fille, en attendant, avaient au moins délivré quelques secrets : Identités, dernière adresse, fonctions, véhicule, came, types grimés au cul. Cependant, depuis quelques jours, ça coinçait.

- GASTON, T’ES OU BORDEL ? Vagit-il, au milieu du couloir.

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Extrait 3 : Polignac

 

Parc_Plaza-Luxembourg-Exterior_view-5-83826         Karl de Polignac, malgré cette vie en platine que bien des êtres auraient pu lui envier, faisait grise mine. Et si de la baie vitrée de son bureau, il voyait des myriades d’oiseaux tournoyer autour des arbres du parc, signe du printemps qui venait, lui, ne ressentait qu’une profonde tristesse. Plus qu’un état saisonnier, de transition, où d’humeur, c’était sur le sens de sa vie-même que sa pensée s’était fixée. Ce vide générant du vide, qui paradoxalement fabriquait un paquet de pognon. La route pour mener à un objectif était aussi importante que l’objectif lui-même, disaient certains. Dans les deux cas de figure, il ne s’y retrouvait pas car la route empruntée pour ne mener à rien du tout, c’est à dire à ce qu’il était devenu, avait été la plus cradingue qui soit.
La révélation lui était venue, lors du dernier w-e en famille. Lorsque du regard, puis de l’esprit, il avait embrassé longuement ses enfants, lui et ses enfants, lui et la distance qu’il avait toujours eu avec ses enfants. L’ainée, Camille, passée de 7 à 18 ans sans qu’il ne s’en soit vraiment rendu compte, Lucas, son cadet de deux ans, dont il confondait le nom avec celui d’un placement et enfin la dernière, Marie-Anne, qui venait d’avoir dix ans. Ce sourire douloureux qui s’adressait à lui au dessus des bougies l’avait remué comme jamais.

La faiblesse de Karl de Polignac, c’était sa cervelle en caramel mou. Ou plutôt, cette propension à entériner les codes d’un nouveau poste, et tel un buvard, de l’incarner bien au delà de ce qu’on lui en demandait. Evidemment, son boulot était parfait, mais à chaque fois, s’enfonçait en lui l’épée mortelle de la soumission à plus fort que lui. Il faisait allégeance, constamment. En lui-même, à tout ce qu’il reconnaissait au-dessus, sachant qu’il devrait bouffer l’autre, pour qu’à son tour, celui-ci lui fit allégeance. C’était d’adaptabilité au système et de rapports de force dont il était question. Et dans ce domaine, il était le champion.
Il avait accepté le Vatican. On ne refusait pas un trône sanctifié. Et une nouvelle fois il avait fait allégeance. A la dernière réunion du conseil d’administration, ils avaient penché pour un gestionnaire sérieux, rigoureux, intransigeant et austère, doublé d’un homme droit et intègre. Lui. Il n’avait même pas eu à s’arc-bouter sur le quai pour sauter dans le train, on venait d’arrêter le wagon grand luxe à ses pieds, lui déroulant un tapis rouge afin qu’il prenne possession de ses quartiers.

Entre enfance et adolescence, il avait appris, non pas les bases de l’existence, mais les bases d’une vie très particulière. Ses parents appartenaient à ce gratin où la solidarité régnait, contrairement à la société civile qui elle, pataugeait dans une guerre sourde et douloureuse découlant d’un individualisme forcené justement édicté par les premiers, mais dans le piège duquel ceux-ci ne tombaient jamais, pas cons, trop occupés à resauter, tuyauter, noyauter, copiner, s’entre-mélanger, fusionner, s’entendre, s’enfiler.
Après une enfance tirée à quatre épingles, sa première expérience dans le monde du travail, fut une saison de cueillette de pommes dans le Lubéron à l’âge de 17 ans. Puis, New-York, deux ans, envoyé par Papa. Un an pour ouvrir les yeux, la deuxième pour les garder uniquement ouvert sur des feuillets sensés lui apprendre le Baba du commerce international. Comme fabriqué pour, il avait suivi le cursus avec la facilité du suppositoire glissant dans un milieu ouvertement progressiste. Karl était quelqu’un d’introverti, sa rébellion de jeunesse en resta à ce jour très étrange de première année où il avait fumé cette herbe qui rend malade. L’expérience de sa vie. A partir de ce jour, il ne leva plus jamais le nez de ses feuillets, songeant que le monde était dangereux, en conséquence de quoi il fallait impérativement éviter d’y trainer. Mieux, il faudrait sans doute même le corriger un jour, le monde. Il travailla, obtint son diplôme, revint à Paris et rejoignit la Néoma Business School. Deux ans brillants avec les meilleurs profs, élève effacé, assidu ET bosseur. Une perle, un enchantement, déjà les symptômes d’un petit con hargneux et mordant qui apprenait vite et bien. Puis Londres et la Middlesex university business à 25 ans. Travaillant d’arrache-pied, il fut maintes fois récompensé, puis, se sachant des lacunes en sport, il redoubla de travail, pour la niaque, la force, la puissance, l’énergie, la confiance en soi. Il lui fallait se durcir et s’étoffer, s’épaissir et se raffermir.
Suivant l’exemple de quelques camarades, il s’exerçait à la boxe des heures entières. Parfois, ils organisaient des concours entre eux ou le but était de se faire mal, de se confronter, de s’endurcir et de se rendre plus méchant et agressif que jamais. Ils adoraient se faire mal, c’était partie intégrante de leur formation, lustrant et patinant au maximum cet état psychologique, physique, intellectuel, comme une douche glacée sous laquelle ils devaient tous stagner de longues minutes sans dire un mot, sans que le visage n’affiche la moindre grimace. Ils s’enfonçaient dans des sépultures et s’obligeaient à lécher longuement les os des cadavres. Ils se laissaient recouvrir d’urine et d’excréments restant des heures ainsi, avec le sourire et sans broncher. Pour grandir. Pour forcir. Pour devenir impénétrable et méchant. Pour devenir intraitable, pour ne s’en laisser compter par personne.
Ils se fouettaient, se violentaient, se crachaient dessus, ils se mettaient à quatre pour cogner l’un d’entre eux, à tour de rôle. Des sceaux glacés en plein hiver, des coups de pieds dans le ventre, des mains maintenues à proximité des flammes tout en lisant posément des poèmes de Goethe, avec lesquels ils se torchaient ensuite en rigolant.
Parfois, à quelques-uns, ils organisaient des opérations castagne avec des supporters de foot, puis des bandes de types comme eux, où alors, nectar des nectars, ces connards défavorisés des quartiers pourris. Lui n’en était pas spécialement fier, mais il ne le regrettait pas car il savait que ça l’aidait, que ça le faisait grandir. Car eux se battaient vraiment. A la vie à la mort. Et en tant que tel ils représentaient un curseur de qualité, auquel il était bon de se mesurer. Pour leur quotidien merdique, une réponse standard : »Ces enculés n’ont qu’à bosser, on fait comment nous ? » disaient ces fils à papa dont la bouche béait. »

16 janvier 2017

Extrait roman noir en cours (n°3)

Publié par stephanegrangier dans Non classé

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     « Le dernier boulot avait été exécuté à la perfection. Pas de témoins, pas de vague, et un coupable tout désigné. Il fallait dire que Guignol avait tout pour. Des anciennes condamnations et un pedigree d’ex-petite frappe apparemment rangé des voitures.
De plus, quelques années auparavant, il avait participé à des regroupements communautaires genre Ramadan. Ce type avait donc la gueule de l’évidence-même. Un peu ça, d’ailleurs, qui chagrinait Gobard, en plus de ces rumeurs qui se répandaient comme des mauvaises odeurs. En bon professionnel, Mik avait fait ce qu’il fallait pour que tout disparaisse. Car effectivement, l’élu s’apprêtait à quitter le parti en mouillant Gobard bien au-delà des grelots.
Mik semblait nerveux, à pivoter sur sa chaise, à s’adosser au mur, à regarder l’arrière-salle sans vraiment la regarder, une mauvaise nuit, des soucis où alors cette histoire, songea Gobard. Ca se confirma.
– C’était vraiment nécessaire de buter ce type ?
– On n’avait pas le choix, Mickaël. Tu le sais mieux que moi. Il allait tout balancer et dans la foulée il se barrait. Un truc d’ambition ou de pureté, à tous les coups, ou la vengeance d’un médiocre. Ravi qu’on en soit débarrassé.
– Y avait peut-être moyen de causer, de temporiser, lui aussi trimballait des casseroles, on aurait peut-être pu s’entendre où au moins lui parler plus distinctement ?
– J’avais déjà essayé. J’avais déjà tout essayé. D’être cool, et aussi de le secouer, où de lui faire comprendre, si tu veux. Je lui ai même bourré la gueule un soir, genre copains comme cochons. Mais c’était pas son genre. Il a geint sur sa vie comme une vieille poule puis a fait son lèche-cul. Devant toi, il était toujours très onctueux, mais par derrière, il te baisait dès qu’il en avait l’occasion. Peut-être qu’on aurait rien perdu à ce qu’il se casse, finalement, le problème c’est ce qu’il s’apprêtait à embarquer avec lui. On ne pouvait pas laisser faire ça, tu le sais bien. Ca fait des années que je le connais. Je ne sais pas si c’est la politique qui lui montait au bourrichon, ou la grande idée de lui-même mais ça sentait le roussi et de toute façon il copinait d’un peu trop près avec les connards de l’UMP. Nos convictions ne lui servaient qu’à alimenter sa propre soupe. Il n’en avait rien à foutre. Il nous aurait détruits, rien que pour gagner en influence. Les homos, c’est comme ça, mec. Des mecs mal finis parce que mal commencés. Tu leur refiles un bout de queue, ils te bouffent les couilles. On pourrait appeler ça de la voracité mais moi j’appelle ça une ambition malsaine et démesurée. Tout ce que t’as retrouvé chez lui comme saloperies sur tout le monde et moi en particulier le prouve, alors qu’au même moment ce fils de pute nous jouait la sérénade du grand amour.
– Ouais. T’as raison.
– Evidemment que j’ai raison.
Le patron ramena les cafés, leur serra la main puis retourna derrière son comptoir.
Silence, à touiller son café.
Gobard :
– Pour l’affaire, le rebeu est parfait. Ces types, de par leurs origines et leur religion de merde, peuvent pas sacquer les Français. Le pseudo-braquage sert de légitimation et le flingue l’accuse du meurtre. En plus, il y a quelques années, Gérald passait son temps à collecter des dossiers sur l’insécurité immigrée. Notre lampiste, il l’avait déjà dénoncé. Tu te rappelles le cirque qu’il avait fait pour qu’on supprime les allocs de sa mère ? Tout le monde s’en souvient, et ça, c‘est bon pour nous. Ca colle aussi avec l’idée que Guignol aurait voulu se venger. Le type parfait, je te dis. »
Il s’arrêta pour boire une larme de café avant de continuer :
– Et puis dis toi une chose, politiquement cette affaire nous sert puisqu’elle nous transforme en victimes. Nous, on agit. Et comme on agit, et ben ça remue le petit milieu de criminalité basanée. Alors que les gauchistes les protègent en leur trouvant tout le temps des excuses. L’équation est simple. Et l’électeur, il le sait, ça. Juste cet enculé de journaliste qui s’imagine des choses mais il a que dalle. Et sans carburant, ces rumeurs s’essouffleront d’elles-mêmes, voir légitimeront un peu plus le fait que tous ces intellos gauchistes ne font que chercher la petite bête là où il n’y a rien. »
Il réfléchit quelques secondes en touillant son expresso.
- N’oublie pas non plus l’homosexualité du bonhomme, qui prouve la modernité du parti et sa façon d’évoluer avec son temps. Rien que là-dessus, on engrange des points. Dernière chose, le fait que les arabes peuvent pas sacquer les homos, ça prouve l’incapacité de cette communauté à partager nos valeurs et donc qu’elle n’a rien à foutre ici. Et ça aussi, c’est bon pour nous.

La bouche de Mik s’étira pour former un sourire :
– C’est nouveau et ça fait drôle, cet amour soudain pour le lobby gay.
– Rien à foutre. C’est de la stratégie et savoir placer ses billes et avancer ses pions. On ne gagne pas avec de l’angélisme, mec. L’important est que la sauce prenne, et elle a pris, relancé par le communiqué du parti déplorant la perte d’un être cher et d’un collaborateur dont on n’a pas seulement éliminé la personne, mais également voulu attenter aux idées, comme à la façon de vivre. Modernes, je te dis. Tu mets ça en parallèle avec les casseurs gauchistes et tu vois la différence. T’inquiète pas que l’électeur, il le sait, ça aussi.
Mik se remit à sourire, bailla, s’étira puis finit par se lever pour se trainer jusqu’aux toilettes, d’où il revint trois minutes plus tard.
Gobard avait changé de sujet. »

29 septembre 2016

Extrait roman noir en cours (2)

Publié par stephanegrangier dans Non classé

frejus-centre      »Ils arrivèrent à la gare de Fréjus vers midi. Du monde et du bruit, sur les quais. Ils plissèrent les yeux du fait de la luminosité et de la fatigue, puis sortirent de la gare et empruntèrent une route qui descendait vers la ville. Après quoi, ils gagnèrent une petite place surélevée, prirent une ruelle et remontèrent par une route jusqu’à cette grande place où ils localisèrent, à l’angle de deux rues, le Bar-Tabac où La Gobe était censé les retrouver. Ils se plièrent alors aux coutumes locales et dorèrent mollement au soleil, suçant la glace de leurs pastis en observant le marché et les gens qui déambulaient. Puis ils regardèrent l’heure et attendirent. Puis, le temps parut vraiment long et ils commencèrent, au bout d’une heure et quart, à en avoir marre d’attendre.

Boris râlait en sourdine, tripotant son verre, lorsqu’une voiture se gara juste devant la terrasse. Leurs deux corps avachis furent alors partagés entre l’ombre du véhicule et la lumière vive du soleil d’où surgit un grand type baraqué, genre Rugbyman-Pitbull. Le type les repéra, s’approcha et enlevant ses lunettes, parla avec la voix fluette de l’eunuque dont les cordes vocales auraient été passées à l’acide :
– Monsieur Mancin ?
Boris pompa son jaune pour ne pas éclater de rire.
– Oui, c’est moi. Vous venez de la part d’Alain ?
– Oui.
– C’est vous qui nous véhiculez ?
– Oui.
– On aurait le temps de finir nos verres ?
– Vite alors, je suis en double file, et j’ai pas envie de me prendre une prune.
Accent rugueux, germanique, peut-être hollandais.
– Vous pouvez peut-être vous garer et boire un pot avec nous, si vous voulez ?
– Je bois pas. Et j’ai d’autre chose à faire. Et puis c’est la merde pour se garer.

Pendant la tirade, son visage n’avait pas affiché la moindre expression, seulement un vide pratique, limite sanitaire, et la dernière phrase portait déjà une certaine lassitude à devoir supporter les deux raseurs. Pourtant, émettant le vague sourire d’un cancrelat qui aurait eu une bouche, il sembla finalement se détendre.
– Moi je suis Mik, comme ça se prononce. Alain m’a donné le détail de vos gueules et l’endroit où vous vous trouviez. Et c’est vrai, j’ai des trucs à faire, pour ça que je suis pas trop baisant, aujourd’hui».
Puis il les scruta avec moins de chaleur encore que s’ils avaient été ses propres étrons, finissant toutefois par leur tendre une main ignominieusement molle sans se cacher du fait qu’il n’en avait rien à foutre de leurs gueules. Cette mâchoire carrée et cette tête de tapette assassine laissaient l’impression d’un danger constant. Il portait une imitation de tenue militaire. Mancin l’imagina pompant des chibres dans des chiottes publiques puis les sectionnant afin de faire grossir une éventuelle collection. Grosse suée, fatigue, Pastis, et ce type, qui lui filait les jetons et surtout la nausée. La manière très lente qu’avait Boris de sucer son pastis sembla alors agacer le monsieur, qui se balança d’une jambe à l’autre. En vérité, ce type était un allié, un collègue, un confrère. Mais de la confrérie des loups jamais sevrés, toujours au bord de l’explosion.
Sa voix rajoutait à l’étrangeté mortifère du personnage, qui se pencha tout à coup pour leur souffler :

- C’est le Week-end, et j’aime pas le Week-end. Les rats envahissent les rues et ça pue. Ca joue aux boules ou aux cartes, ça roule n’importe comment et ça fait chier, et je parle même pas des putains de gnoules. Eux, c’est pire que tout. La plèbe de ce pays, qu’ils saccagent par leurs comportements de porcs indignes. C’est quand vous voulez les gars, hein, finissez tranquillement vos verres. Ca me fait juste un peu mal de voir toute cette merde étalée partout…

Le caractériel remit ses lunettes. Mancin accéléra la succion du fond de son verre, Boris l’imita, coinça un billet sous le verre vide, puis ils saisirent les sacs et suivirent DolphLundgren jusqu’à la voiture. Sacs dans le coffre, Mancin s’installa à l’avant alors que Boris se glissait à l’arrière. En démarrant, le guide de randonnée pédale expliqua :
– Je fais le taxi. Alain n’était pas dispo, mais il vous attend.

Ils se mirent à rouler, à emprunter des rues, à longer des parcs, des jardins, des habitations, à tourner autour de ronds-points, à s’embouteiller sur une route remplie de bagnoles, à supporter des flots de touristes, à longer camping, parc de loisir, station-service, à flirter avec des palmiers au bord d’une route, à repérer la crête de montagnes au loin, à humer l’odeur de la mer. Puis encore la route, d’autres ronds points, une nouvelle file de bagnoles, l’odeur des frites, beignets, chouchous, du goudron fondu et des pots d’échappement. Ils commençaient à trouver le temps long lorsqu’un bras d’eau s’ouvrit sur la mer, à gauche. Puis, ces flots de gens le long de la côte, des hôtels, restos, et encore la route, toujours, mais qui serpentait cette fois suivant les contours charmants du littoral.
Puis, enfin, ils empruntèrent une route sur la droite et montèrent dans les hauteurs, au milieu d’un quartier résidentiel fait de villas et de vastes demeures confortables. A mesure qu’ils prenaient de l’altitude, ils découvrirent alors la Méditerranée et sa promesse d’un paradis retrouvé. Végétation, résidences, route en lacet qui monte encore, la corniche varoise, l’azur se dévoila sur leur droite dans toute sa majesté, mais par intermittence, entre les maisons.
Sergio s’éveillait.
Le sud. Ce sud qu’il avait connu, ce sud qu’il aurait presque voulu ne jamais avoir à quitter. Les villas se raréfiaient, chantiers entrecoupés de bâtisses et de terrains vagues. Puis, dans les hauteurs, vers l’arrière-pays, un désert de collines d’un ocre sombre comme de la pouzzolane, apparaissait au détour d’une route en-dedans.
Puis, tout à coup, en face, d’autres collines, où se suspendaient de très nombreuses villas orientées vers la mer.

Mancin ouvrit la fenêtre et sourit. Ramakovski bailla, détendu. Un œil continuait la sieste, l’autre découvrait le pays. Il aurait bien dormi mais ça ne se faisait pas. Il alluma une cigarette pour s’occuper un peu.
– C’est pas mal, ce coin, hein, Serge… Dit-il par politesse, et pour dire quelque chose.
– Elle est très belle, cette Région. Rectifia Mancin, pas totalement perdu dans ses pensées d’un autre temps. »

(Sortie 2018) 

11 septembre 2016

Perché

Publié par stephanegrangier dans Non classé

a0480981480_10Au début, il y eut ce morceau, au hasard de la compil d’un label. D’abord, la fascination puis le coup de foudre. Un objet d’une classe très rare, fait de réjouissantes trouvailles harmoniques semblait exister en entité parfaitement aboutie, dans ce fouchtraque sounclound où tout s’enchevêtre constamment, rendant les jolies choses si difficiles à trouver. Je tenais ENFIN quelque chose.

Va défricher l’Amazonie pour trouver un arbre, toi. Alors quand il me fut donné de tomber sur la pépite symbolisant l’indice qui me mènerait au trésor, j’ai suivi la merveilleuse piste toute tracée, entre falaises, rivières majestueuses, arbres millénaires et nature luxuriante, et j’ai découvert  des harmonies, thèmes, un style, un charme,  des cascades de son, et puis l’envol et le lyrisme d’un oiseau magistralement majestueux.
Évidemment, pas complètement dupe, c’est là que le courant continu de la méfiance m’a activé le clignotant me forçant à me garer sur le bas-côté, juste pour y voir plus clair. « Mec, t’es un peu neuneu et après le pied-tendre, t’as généralement le cœur, tendre, me serais-je moi-même floué, artichaut grégaire bêtement arrimé aux sirènes de la shoegaze ? »
Bref, ma trop facile appréciation m’aurait-elle empêché de voir un marketing pas larvé du tout ? (pour y avoir si facilement  nagé nu et avec délice comme dans l’eau bouillonnante d’un gigantesque jacuzzi ?).

MFPChez bandcamp, si l’on bricole à la maison, l’on aime à faire un travail d’orfèvre, d’artisan sûr de son geste. Pas de la vieille major dégoulinante d’offres et de demandes à vous transformer la magie en produit bas-de-gamme généraliste, pas de chef de produit reptilien, pas de petites nouvelles structures-succursales du biz à vous toucher un panel, prête à n’importe quoi pour faire marcher la planche à billet.
Ce que j’entendais là était la beauté (d’une voix) grave d’un diamant noir poli qui ne deviendrait jamais lisse, accompagné, enchevêtré, dirais-je, par la voix féminine de la chanteuse dont j’appris plus tard le décès. Un élément surnaturel mais qui serait venu de la nature, rareté, bijou, petite mécanique des merveilles. Mechanism for People était une bombe fabriquée par des terroristes qui auraient eu énormément de goût.

D’où venait tout ça ? De l’observation des oiseaux, d’une fascination envers les entrailles de la terre ? Par quelles sortes d’extraterrestres ce joyau avait-il été fabriqué, du premier titre au dernier ?
Et le visuel, il était de qui, le visuel, illustrant à merveille le son de l’album lui-même.
a0996996241_10Chaque morceau me parut un miracle venu d’ailleurs, une combinaison de quelque chose, une alchimie d’évidences, j’avais rarement connu aussi parfaits entrelacs. Tout était limpide et travaillé, d’une vérité mais avec des aspérités, et la magie opérait à chaque fois, c’était si simple, et ça arrivait là, qu’avait foutu le monde auparavant, ou avait-il donc été se fourrer ?
Radio, journaliste, boite de prod’, tourneur de festival, je ne sais quoi…que fais tu donc… à quoi joues-tu ? Dans quelle contrée peu reluisante t’envoie-t-on trop souvent passer le balai de la médiocrité pour tous ? Hein, misérable ?
Mais finalement non, p’têt pas, peut-être ne valait-il mieux pas investir ni businesser trop implacablement ces jolies petites choses là, tout ça te saloperait la beauté, te collerait l’ignominieux orgueil au milieu, vieux cœur purulent sans intérêt, changeant les êtres, dominant les hommes, détruisant la créativité en la noyant dans une campagne de communication de soi-même, lui faisant des injonctions afin qu’il s’adapte à l’image qu’on aurait fabriqué de lui. L’art était la quête de soi, non ce que souhaitait l’autre. Et puis en vérité, le marché ne s’accommodait pas des étoiles.

Alors merci, les disques Normal, qui n’ont rien de Normal. Je ressortais allumé par la grâce et la douceur puissante de « Reach for the stars », comme une promesse qu’ils (Frédéric Parquet et Aïcha Oubakrim) auraient  tenu avec une facilité déconcertante, puis atteinte, pour nous amener directement aux étoiles.
Et puis, un nouveau groupe de Frédéric Parquet, au son menant pareillement aux plus vertigineux et luxuriants confins de la galaxie. Que faisaient donc les astrophysiciens de l’ESA où de la NASA réunis ? A se gargariser de cailloux perdus sur des satellites obscurs alors qu’ici, simplement ici, des astres noirs, lumineux, mélancoliques, puissants enflammaient les bacs et allaient continuer à briller ?
Que faisait le monde, bordel. Était-il à l’aube de comprendre et enfin d’apprécier le goût du temps et ses vertus ?
Une partie remise qui reviendrait bientôt ?

Après Mechanism for People, il y eut donc A Movement of return, que je découvris très récemment, et qui a son tour me laissa sur le visage l’empreinte d’une claque. Forgé une nouvelle fois par Frédéric Parquet lui-même, comme son métier de ferronnerie d’art lui avait peut-être indirectement insufflé de le faire, c’était la nouvelle roue magique d’un touche-à-tout tranquille, qui tournait, et tournerait encore, implacablement, plus que jamais épuré, vivant, énergique, aux artifices progressivement éliminés.

Alors achetez le, nourrissez-vous-en, repaissez-vous, repentez-vous de n’avoir jamais écouté, reprenez-vous que diable, et allez le voir lorsqu’il  passera pas loin de chez vous. Refilez vous des liens, colportez, offrez, transmettez, faites tourner chez Wikileaks et contactez Edward Snowden, écoutez au casque en regardant les étoiles, écoutez sans casque et en soirée, dansez, faites, aimez, faites aimez, écoutez encore, faites découvrir, il y a du génie dans cet homme-là.
On ne passe pas à côté de la vie sans la regarder fleurir.

Les disques Normal
Frédéric Parquet
A Movement of Return
Mechanism For People

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22 juillet 2016

Au Salon du livre Mots et Marées, Carnac-Plage (56), le 23 et 24 Juillet…

Publié par stephanegrangier dans Non classé

Les Samedi 23 et Dimanche 24 juillet, je serai présent à la 3ème édition du Salon Mots et Marées à Carnac, dans le Morbihan.
Un grand merci aux libraires de la librairie Port Maria, Florence et Alexandre Cavallin, et à Jean-Yves Le Miniez (Galerie Port-Andro), pour l’invitation.
Magnifique programmation dans le cadre plein de charme de la placette Port-en-Drô à Carnac-Plage (56) !
Venez donc, ça swingue et ça filme, aussi !

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6 juin 2016

Le Petit Sachem l’a lu (et a aimé) #Hollywood-Plomodiern

Publié par stephanegrangier dans Non classé

Une très jolie chronique de mon roman Hollywood-Plomodiern par le blog « Le Petit Sachem l’a lu »
Je cite :
Le Petit Sachem l'a lu (et a aimé) #Hollywood-Plomodiern p1060833-2-150x150« Ce roman est un tel régal que je ne veux pas vous en dire beaucoup plus sinon que ce ton piquant et irrévérencieux m’a rappelé Cul-de-sac de Douglas Kennedy (avant qu’il n’écrive des guimauves).
A la différence près que Stéphane Grangier laisse affleurer sa fibre punk dans quelques scènes bien senties … C’est drôle, noir, cruel, absurde et rudement bien écrit : bref, la lecture parfaite pour la plage ! »

Ouch ! Ravi ! Et vive la plage !

Merci donc, Petit Sachem ! (où Pascale la bibliothécaire)

Là > Le Petit Sachem l’a lu

31 mai 2016

Hollywood-Plomodiern dans Dig It !

Publié par stephanegrangier dans Non classé

Une très jolie chronique d’Hollywood-Plomodiern dans le dernier Dig It (n° 67, à paraitre !)
(Avec un bel hommage à l’éditeur Jean-Marie Goater et une chouette critique du dernier Hervé Commère / Fleuve Editions).
(Merci Patrick Foulhoux !!!)
Enjoy !!!
(clique droit : Ouvrir image dans nouvel onglet pour agrandir)
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28 mai 2016

Dimanche 5 Juin, à l’occasion du trentenaire de la Bibliothèque de Chateaubourg…

Publié par stephanegrangier dans Non classé

plan Chateaubourg     Vous aurez remarqué si vous êtes perspicaces, et vous l’êtes, j’ai décidé de me recentrer sur quelques fondamentaux.

Pour l’écosystème en vogue, je représente l’intérêt d’une moule, en conséquence de quoi, et vis à vis du rocher qui m’accueille, les infos consubstantielles à mon existence écrivante passeront donc par ce blog-ci tout en transitant (le temps d’une fébrile migration) par mon profil Facebook puisque j’ai viré toute idiote prétention à une Page (tout étant tendresse et passion, gageons que nous resterons un amateur noble et éclairé et simplement passionné et non pas une espèce de Macron à-la-petite-semaine).

Je suis donc écrivant, c’est mon nouveau statut, celui que j’ai déclaré auprès des services de la Police, de l’Ordre moral et de Pôle Emploi et ainsi, dans ce cadre, en compagnie de quelques camarades du même tonneau, mais pas forcément du même cépage, je serai un des invités du trentenaire de la Bibliothèque de  Chateaubourg le Dimanche 5 juin  afin de parler de mes œuvres et de moi au milieu.

Dimanche 5 Juin, à l'occasion du trentenaire de la Bibliothèque de Chateaubourg... tonnez-212x300Il y aura Frédéric Paulin (Sur France-Inter Dimanche à 17h !) et Isabelle Amonou (confrère et soeur Calibre 35) et puis d’autres étranges volatiles au très joli plumage et pratiquant la même activité d’écrivant (et parfois même de dessinant) comme Jeff Sourdin, Irina Teodorescu, Gaëtan Lecoq, Didier Lahais, Pascal Bresson, Benjamin Keltz…

Félix Boulé (animateur littéraire à Radio-Laser) animera tables rondes et autres rencontres (j’imagine) avec la maestria qui le caractérise et nous serons tous reçus par Pascale, qu’il me tarde de rencontrer.

Yallah donc, public divin et curieux, c’est gratos, plein de générosité et d’ici là, tu auras trouvé le moyen de mettre un peu de tigre (et d’essence) dans ton moteur.
La bienvenue là :

Maison Pour Tous
9 rue Pasteur
35220 Chateaubourg
de 10h à 18h

 Accès :
-Voie Express en direction du Mans
-Sortie CHATEAUBOURG ( et non Châteaugiron !), il y a une éolienne à côté de la sortie
-Suivre Direction Centre-Ville
-Après être passé sur la Vilaine, prendre à gauche sur le petit rond-point et se garer sur le parking du Gué.

Tel : 02 99 62 31 41
Site :www.chateaubourg.fr

La Maison Pour Tous est en face au-dessus du parc (étoile verte plan première image).

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Ensuite, et arrivé cet été, je devrais me retrouver au troisième salon du livre de Carnac « Mots et Marées » (23-24 Juillet) mais ça c’est une autre histoire que je vous narrerai le moment venu.

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